27 – Vostok, de Laurent Kloetzer


2016 – France

Ce qui m’a attiré c’est la cadre polaire de l’histoire. En Antarctique. Une terre de mystère. Je ne connaissais l’auteur que de nom. C’est plutôt un auteur de nouvelle. Ça s’en ressent, et pas pour le mieux.

Dans un futur pas trop éloigné, en Amérique du Sud, des gangs s’affrontent, profitant du chaos qui s’était abattu sur toute la planète : La Fédération Andine et le Cartel. Leonora, la jeune sœur de Juan, un des lieutenants du Cartel, est embarquée dans une aventure en Antarctique dans le but de trouver une bactérie dans le lac de Vostok, sous la glace. La bactérie doit permettre d’obtenir le code d’accès du réseau du gang adverse.

Évidement l’Antarctique est une contrée très hostile, froide et déserte. Les incidents s’enchainent les uns après les autres. C’est comme ça une grande partie du livre. On a l’impression d’une expédition comme une autre, on oublie son but originel. L’auteur semble avoir tenté de rallonger son histoire pour tenir sur le format roman. Il n’a pas réussi à se détacher de ses habitudes d’auteur de nouvelles.

Autres choses : l’auteur semble avoir essayé de trouver des éléments permettant de relier l’Antarctique à l’univers de son livre précédent Anamnèse…  Même l’histoire sert à relier ses deux mondes. Je pense qu’il aurait dû concevoir un univers propre au livre. Les personnages ont un comportement assez étrange. On a le garde-du-corps qui essaie de se barrer en emmenant Leonora avec lui, on a le Russe qui part parce qu’il est un peu nostalgique de Vostok, On a le bras droit féminin de Juan qui passe pour une hystérique – largement plus que les autres personnages – sans trop qu’on sache pourquoi. On ne les connait pas vraiment, mais Leonora est assez sympa.

Mais tout n’est pas aussi triste que je le laisse penser. L’auteur a la plume exercée et il y a toujours au moins un peu d’action, ça bouge. Mais franchement, ce livre m’a donné une impression très mitigé. Je suis déçu de ça.

26 – Les Brigades fantômes, de John Scalzi


Etats-Unis – 2006

Second livre du cycle du Vieil homme et la guerre, celui-ci peut se lire indépendamment mais mieux vaut avoir lu le premier qui explique pas mal de choses. On y retrouve Jane Sagan, le clone de la femme décédée de John Perry, héros du premier volet. Elle va prendre en charge Jared Dirac, le clone de l’adversaire principal, afin d’en apprendre plus sur lui. Le problème que pose cet adversaire est qu’il est impliqué dans un complot réunissant trois races extraterrestres. Autant dire que l’Union Coloniale est dans une situation très délicate.

Comme l’opus précédent, il s’agit d’un space opera militaire, mais pas pour autant militariste, très loin de là. La métaphysique y a une place importante.  La narration est toujours aussi dynamique, efficace, ne se disperse jamais. Les personnages, bien que plus ou moins déshumanisés, sont intéressants.

Ce n’est pas aussi bon que le premier, mais presque. Scalzi est un auteur que j’aime beaucoup, du genre de ceux qui donne envie de continuer à le lire. Des auteurs comme lui, il n’y en a pas des tonnes.

25 – Silo, de Hugh Howey


2012 – Etats-Unis

Avec Silo, Hugh Howey (prononcez « oh yeah ! ») est arrivé comme un météore dans le paysage de la SF. En France, il est arrivé dans la belle collection Exofictions des Arlésiens d’Actes Sud. Succès identique. Alors j’ai pris la version de poche, très belle aussi.

L’histoire est en deux trames, simples, mais très bien enchevêtrées, bien dosées. On commence avec l’histoire d’un shérif, Holston, qui veut sortir chercher sa femme qui l’a précédé dans l’atmosphère corrosive de la planète. Elle pensait avoir découvert que les images que montrent les écrans aux gens du silo sont falsifiées, ceci dans le but de garder le pouvoir sur eux. Holston ne l’avait pas cru, mais la solitude lui pèse et il décide de sortir pour en avoir le cœur net. Voilà comment commence l’histoire. En réalité, il s’agit plutôt d’un gros prologue car la suite de l’histoire (la principale) change de héros. L’histoire est divisée en épisodes, et ça se ressent. Au début, on est sur une histoire à mystères et ensuite on est sur une histoire de complots/révoltes avec plus d’action où on découvre les autres silos et leur organisation. Je trouve ça très dommage.

Heureusement, c’est bien écrit, il n’y a pas vraiment de temps mort, à part peut-être légèrement après le milieu. Toutefois, le rythme n’est pas non plus rapide. Pas de précipitation. Parfois c’est même un peu trop écrit, mais pour un premier roman ce n’est pas mal du tout. C’est un auteur à suivre mais apparemment, il a des goûts assez proches du mainstream. Pas du genre à écrire du space opera, mais je ne demande qu’à être étonné.

24 – Sitrinjêta, de Christian Léourier


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2016 – France

Rien qu’à lire le résumé de la quatrième de couverture,  ça donne envie. Impossible d’attendre plus longtemps. Finalement, j’ai acheté un exemplaire avec la couverture à l’envers, en espérant que le livre soit renversant.

C’est une histoire à mystères (et à mots islandais) : allez récupérer un vaisseau légendaire à l’aide d’une grosse boite énigmatique aux pouvoirs surnaturels. Pour cela, son commanditaire, lui offre un vaisseau, le Snekkja, et un équipage en plus d’une princesse endormie que les circonstances vont amener à réveiller. S’en suivra trahisons, retournements de situation, batailles, négociations, explorations.

L’histoire a tout d’un space opera d’aventure classique. On a aussi le droit à quelques extraterrestres. Ces derniers sont très sommairement décrit – trop, pour moi. Un peu dommage. Les personnages, surtout Hénar, ne sont pas vraiment marquant car il a une légère tendance à se mettre en retrait au cours du récit. On imagine un héros d’action, et finalement il s’avère être assez passif, ne réagissant qu’à ce qui lui tombe dessus. Mais au moins, et c’est le principal, les péripéties s’enchainent bien, bien menées par une écriture affutée. A la fin, il y a une sorte de révélation de la destinée du héros Hénar que je n’ai pas compris complètement, avec un côté surréaliste de ce genre de technologie très avancée. J’ai trouvé que ce ne collait pas vraiment avec le personnage principal – si tant est que ce soit bien Hénar et non celle qui joue le rôle de la princesse.

Au final, une histoire sympathique mais qui me laisse un étrange goût d’inachevé. A moins que cette sensation ne soit accentuée par celle que l’approche de l’auteur change progressivement en chemin.

23 – Le Canal Ophite, de John Varley


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1977 – Etats-Unis

Premier livre que je lis de l’auteur texan dont la bibliographie remonte aux années 80, c’est aussi son premier roman. Il introduit la série des Huit Mondes qui compte, en France, trois opus.

La Terre a été colonisée par des extraterrestres mystérieux, et une organisation secrète manigance pour la récupéré. Pour cela, on enlève Lilo et on l’envoie à l’endroit d’émission du Canal Ophite, ce faisceau qui envoie tout plein d’informations technologiques. Le voyage là-bas est capital car les humains risquent de subir de graves conséquences.

C’est une histoire avec beaucoup de clones. A chaque fois que Lilo tente de s’enfuir, elle se fait tuer, puis un clone est réveillé. On suit ses déboires sans connaître tout de suite le but de l’histoire, mais elle se lit quand même très bien grâce au talent de l’auteur. L’univers est bien construit, riche, et je lui trouve même un côté « nouveau space opera » avec les biotechnologies et surtout les symbiotes. Un précurseur. Il a assez un côté second degré qui casse un peu l’impression de danger qui plane sur les humains. Dommage. Sinon ça reste une bonne histoire avec bon rythme, et pas très long. Je replongerai à nouveau dans cet univers à l’occasion d’un nouveau livre du cycle.

22 – L’homme dans le labyrinthe, de Robert Silverberg


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1969 – Etats-Unis

C’est le premier livre que je lis de l’auteur new-yorkais. Bien qu’ayant du mal avec les livres anciens, j’ai réussi à le terminer – ce qui est déjà un bon point – sans pour autant le dévorer.

L’humanité a fait la connaissance d’une prodigieuse civilisation de baleines spatiales. Leur morphologie restreignant sévèrement leurs mouvements, ces cétacés de l’espace utilisent la télépathie pour contrôler des peuples dont les membres peuvent bâti leur civilisation. Cependant, les humains ne parviennent pas à communiquer avec eux. Alors on pense à envoyer Richard Muller, qui est déjà allé à la rencontre d’une première race d’extraterrestres. Il en est revenu différent : à chaque fois qu’on l’approche, on ressent un immense mal-être. On envoie une équipe le convaincre d’aider l’humanité car Muller s’est exilé dans un labyrinthe construit il y a des milliers d’années par une race inconnue. C’est là que l’histoire débute.

Globalement, l’histoire tourne autour de l’exploration de ce labyrinthe (en évitant ses pièges), puis de la misanthropie de Muller qui l’a poussé à s’y réfugier. C’est assez bavard mais le récit avance assez bien. Difficile pour moi de juger un livre ancien, mais je dirais que ça m’a laissé une impression moyenne, ce qui est déjà pas si mal pour une jeune personne comme moi.

21 – Aventuriers des étoiles, de Roland C. Wagner


1997 pour le premier, 1999-2000 pour le second – France

C’est en fait deux livres rassemblés : Les Psychopompes de Klash et Par la noirceur des étoiles brisées (un des plus beaux titres !). Le second a la particularité d’avoir d’abord été publié sous forme de feuilleton de huit épisodes dans Bifrost. Les histoires ont en commun le héros : le capitaine Lit de Roses.

Bien que le space opera soit le genre de science-fiction que les gens préfèrent, il n’y en a assez pas en France, surtout de qualité. Alors je me suis intéressé à ce livre de la collection Hélios, pas très jolie, d’apparence trop commerciale.

Les Psychopompes de Klash raconte la mission d’escorte du héros. Malheureusement, l’action est vraiment lente et l’humour fade.  J’ai quand même réussi à atteindre le milieu de l’histoire avant de me décourager.

Heureusement, ça va beaucoup mieux avec Par la noirceur des étoiles brisées qui raconte la mission de sauvetage d’une sphère de Dyson par le même héros que le premier roman Bien que le titre est l’air triste, le ton est léger ; ça ne colle pas bien mais il est très joli. Les aventures s’enchainent à un rythme bien meilleur. Les personnages sont plus intéressants, plus vivants. Parmi eux, il y aura même une sorte de super-intelligence à l’extrême puissance. On se sent bien dans le space opera d’action, sur un ton léger. Peut-être est-ce l’effet feuilleton. Cette histoire sauve à peu près le livre.

Finalement, j’en ressors mi-figue mi-raison. Ça ne m’a pas plus autant que je l’espérais, mais pour un fan de space opera, ça tient à peu près la route. Ce qui m’a le plus marqué est le titre du second : Par la noirceur des étoiles.