25 – Silo, de Hugh Howey


2012 – Etats-Unis

Avec Silo, Hugh Howey (prononcez « oh yeah ! ») est arrivé comme un météore dans le paysage de la SF. En France, il est arrivé dans la belle collection Exofictions des Arlésiens d’Actes Sud. Succès identique. Alors j’ai pris la version de poche, très belle aussi.

L’histoire est en deux trames, simples, mais très bien enchevêtrées, bien dosées. On commence avec l’histoire d’un shérif, Holston, qui veut sortir chercher sa femme qui l’a précédé dans l’atmosphère corrosive de la planète. Elle pensait avoir découvert que les images que montrent les écrans aux gens du silo sont falsifiées, ceci dans le but de garder le pouvoir sur eux. Holston ne l’avait pas cru, mais la solitude lui pèse et il décide de sortir pour en avoir le cœur net. Voilà comment commence l’histoire. En réalité, il s’agit plutôt d’un gros prologue car la suite de l’histoire (la principale) change de héros. L’histoire est divisée en épisodes, et ça se ressent. Au début, on est sur une histoire à mystères et ensuite on est sur une histoire de complots/révoltes avec plus d’action où on découvre les autres silos et leur organisation. Je trouve ça très dommage.

Heureusement, c’est bien écrit, il n’y a pas vraiment de temps mort, à part peut-être légèrement après le milieu. Toutefois, le rythme n’est pas non plus rapide. Pas de précipitation. Parfois c’est même un peu trop écrit, mais pour un premier roman ce n’est pas mal du tout. C’est un auteur à suivre mais apparemment, il a des goûts assez proches du mainstream. Pas du genre à écrire du space opera, mais je ne demande qu’à être étonné.

24 – Sitrinjêta, de Christian Léourier


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2016 – France

Rien qu’à lire le résumé de la quatrième de couverture,  ça donne envie. Impossible d’attendre plus longtemps. Finalement, j’ai acheté un exemplaire avec la couverture à l’envers, en espérant que le livre soit renversant.

C’est une histoire à mystères (et à mots islandais) : allez récupérer un vaisseau légendaire à l’aide d’une grosse boite énigmatique aux pouvoirs surnaturels. Pour cela, son commanditaire, lui offre un vaisseau, le Snekkja, et un équipage en plus d’une princesse endormie que les circonstances vont amener à réveiller. S’en suivra trahisons, retournements de situation, batailles, négociations, explorations.

L’histoire a tout d’un space opera d’aventure classique. On a aussi le droit à quelques extraterrestres. Ces derniers sont très sommairement décrit – trop, pour moi. Un peu dommage. Les personnages, surtout Hénar, ne sont pas vraiment marquant car il a une légère tendance à se mettre en retrait au cours du récit. On imagine un héros d’action, et finalement il s’avère être assez passif, ne réagissant qu’à ce qui lui tombe dessus. Mais au moins, et c’est le principal, les péripéties s’enchainent bien, bien menées par une écriture affutée. A la fin, il y a une sorte de révélation de la destinée du héros Hénar que je n’ai pas compris complètement, avec un côté surréaliste de ce genre de technologie très avancée. J’ai trouvé que ce ne collait pas vraiment avec le personnage principal – si tant est que ce soit bien Hénar et non celle qui joue le rôle de la princesse.

Au final, une histoire sympathique mais qui me laisse un étrange goût d’inachevé. A moins que cette sensation ne soit accentuée par celle que l’approche de l’auteur change progressivement en chemin.

23 – Le Canal Ophite, de John Varley


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1977 – Etats-Unis

Premier livre que je lis de l’auteur texan dont la bibliographie remonte aux années 80, c’est aussi son premier roman. Il introduit la série des Huit Mondes qui compte, en France, trois opus.

La Terre a été colonisée par des extraterrestres mystérieux, et une organisation secrète manigance pour la récupéré. Pour cela, on enlève Lilo et on l’envoie à l’endroit d’émission du Canal Ophite, ce faisceau qui envoie tout plein d’informations technologiques. Le voyage là-bas est capital car les humains risquent de subir de graves conséquences.

C’est une histoire avec beaucoup de clones. A chaque fois que Lilo tente de s’enfuir, elle se fait tuer, puis un clone est réveillé. On suit ses déboires sans connaître tout de suite le but de l’histoire, mais elle se lit quand même très bien grâce au talent de l’auteur. L’univers est bien construit, riche, et je lui trouve même un côté « nouveau space opera » avec les biotechnologies et surtout les symbiotes. Un précurseur. Il a assez un côté second degré qui casse un peu l’impression de danger qui plane sur les humains. Dommage. Sinon ça reste une bonne histoire avec bon rythme, et pas très long. Je replongerai à nouveau dans cet univers à l’occasion d’un nouveau livre du cycle.

22 – L’homme dans le labyrinthe, de Robert Silverberg


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1969 – Etats-Unis

C’est le premier livre que je lis de l’auteur new-yorkais. Bien qu’ayant du mal avec les livres anciens, j’ai réussi à le terminer – ce qui est déjà un bon point – sans pour autant le dévorer.

L’humanité a fait la connaissance d’une prodigieuse civilisation de baleines spatiales. Leur morphologie restreignant sévèrement leurs mouvements, ces cétacés de l’espace utilisent la télépathie pour contrôler des peuples dont les membres peuvent bâti leur civilisation. Cependant, les humains ne parviennent pas à communiquer avec eux. Alors on pense à envoyer Richard Muller, qui est déjà allé à la rencontre d’une première race d’extraterrestres. Il en est revenu différent : à chaque fois qu’on l’approche, on ressent un immense mal-être. On envoie une équipe le convaincre d’aider l’humanité car Muller s’est exilé dans un labyrinthe construit il y a des milliers d’années par une race inconnue. C’est là que l’histoire débute.

Globalement, l’histoire tourne autour de l’exploration de ce labyrinthe (en évitant ses pièges), puis de la misanthropie de Muller qui l’a poussé à s’y réfugier. C’est assez bavard mais le récit avance assez bien. Difficile pour moi de juger un livre ancien, mais je dirais que ça m’a laissé une impression moyenne, ce qui est déjà pas si mal pour une jeune personne comme moi.

21 – Aventuriers des étoiles, de Roland C. Wagner


1997 pour le premier, 1999-2000 pour le second – France

C’est en fait deux livres rassemblés : Les Psychopompes de Klash et Par la noirceur des étoiles brisées (un des plus beaux titres !). Le second a la particularité d’avoir d’abord été publié sous forme de feuilleton de huit épisodes dans Bifrost. Les histoires ont en commun le héros : le capitaine Lit de Roses.

Bien que le space opera soit le genre de science-fiction que les gens préfèrent, il n’y en a assez pas en France, surtout de qualité. Alors je me suis intéressé à ce livre de la collection Hélios, pas très jolie, d’apparence trop commerciale.

Les Psychopompes de Klash raconte la mission d’escorte du héros. Malheureusement, l’action est vraiment lente et l’humour fade.  J’ai quand même réussi à atteindre le milieu de l’histoire avant de me décourager.

Heureusement, ça va beaucoup mieux avec Par la noirceur des étoiles brisées qui raconte la mission de sauvetage d’une sphère de Dyson par le même héros que le premier roman Bien que le titre est l’air triste, le ton est léger ; ça ne colle pas bien mais il est très joli. Les aventures s’enchainent à un rythme bien meilleur. Les personnages sont plus intéressants, plus vivants. Parmi eux, il y aura même une sorte de super-intelligence à l’extrême puissance. On se sent bien dans le space opera d’action, sur un ton léger. Peut-être est-ce l’effet feuilleton. Cette histoire sauve à peu près le livre.

Finalement, j’en ressors mi-figue mi-raison. Ça ne m’a pas plus autant que je l’espérais, mais pour un fan de space opera, ça tient à peu près la route. Ce qui m’a le plus marqué est le titre du second : Par la noirceur des étoiles.

20 – Cagebird, de Karin Lowachee


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2005 – Canada

Cagebird est le troisième tome du cycle du Warchild (du nom du premier tome) écrit au débit des années 2000. J’avais lu le premier, que j’avais beaucoup aimé, mais a suite était apparemment moins bonne (surtout le deuxième) et c’était du réchauffé (par rapport au premier) alors je n’avais pas continué. J’ai quand même saisi l’opportunité d’avoir le troisième à l’occasion de mon réabonnement à Bifrost.

Ce qui marque en premier c’est l’écriture, aussi emballante que pour le premier ; il se lit vraiment très bien, ne quittant jamais l’histoire, restant toujours cohérent. C’est l’efficacité ! L’auteur a un vrai sens de la narration. Elle a toujours un truc à dire, on ne s’arrête jamais, et la fin arrive vite.

Le récit est divisé en deux : d’abord le présent, au cours duquel les Opés Noirs lui proposent d’infiltrer le réseau des pirates. Et ensuite les souvenirs de l’enfance du (anti-)héros qui relatent son entrée chez les pirates, qui est en partie dû à la guerre. La guerre est omniprésente dans l’univers de Warchild.

Là où l’auteure se rate, c’est dans son système de geishas. Le héros (ou anti-héros), Yuri Kirov, devient une geisha. Pourquoi ?! La prostitution masculine est extrêmement limitée en comparaison de la prostitution féminine. Elle ne sera pas un instrument très productif. Alors pourquoi l’imposer à un garçon qui, de surcroit, sera amené à prendre la succession de son capitaine ? Pas crédible. Je ne parle même pas de la danse avec l’éventail. L’histoire aurait gagné en intérêt si le héros était une fille. D’ailleurs, pourquoi l’auteure s’obstine-telle à ne prendre que des héros masculins ? Elle aurait mieux fait de parler de ce qu’elle connaît le mieux. La fin non plus n’est pas terrible, même si on y recroise le héros du premier livre, ce qui est une très bonne surprise. C’est lui le vrai héros du cycle, celui à partir duquel tout est parti. On aurait davantage aimé suivre ses aventures à lui – Jos Musey, héros de Warchild.

Malgré les petits désagréments déjà cités, l’histoire reste vraiment super ; elle se dévore. Je suis très content de l’avoir lu.

19 – La Fraternité du Panca, de Pierre Bordage


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2007 à 2012 – France

La Fraternité du Panca est un grand livre divisé en cinq tomes, chacun avec ses personnages principaux. C’est un roman-fleuve. Un des classiques du space opera français par l’un des meilleurs auteurs français depuis sa Vendée natale.

Je l’ai commencé un jour de fin mars 2012 pour ne l’achever que maintenant. C’est une longue aventure portée à chaque tome par des personnages différents. Les héros font partie de la Fraternité du Panca, une organisation secrète, qui demande à l’un des siens de partir rejoindre un frère ou une sœur sur une autre planète pour lui remettre son implant. Le destinataire de l’implant va devoir faire de même (donc deux implants). A la fin, le dernier avec les cinq implants arrêtera la menace qui approche pour détruire la Galaxie. Ils voyagent par leur propre moyen, ce qui donne l’occasion aux personnages d’affronter de nombreuses difficultés en cours de route.

Et c’est là la force de l’histoire. Les péripéties s’enchaînent sans faiblir : objectif > obstacle > résolution ; simple mais très efficace et pas de prise de tête, que du plaisir, porté par une plume parfaite, qui se dévore – j’aimerais beaucoup avoir une écriture aussi fluide. L’auteur nous fait vivre les pensées des personnages, leurs espoirs, leurs peines, leurs amours, leurs morts. Ils ont même une puissance spirituelle, dans le genre Star Wars, que j’ai beaucoup aimé. Ce n’est pas qu’une succession de péripéties pour autant. Avec le temps, les moyens de transports deviennent de plus en plus rapides, impressionnants.

L’univers est space et planet opera ; on est dans de la science-fiction mais un brin fantasy lorsqu’on se trouve sur les planètes. L’auteur décrit très bien toutes les différentes cultures et on s’immerge complètement dans son univers.

L’auteur nous emporte dans une longue (trois ans et demi pour moi), grande et belle aventure, peuplée de personnages attachants et de péripéties prenantes. On en ressort heureux !